éliminer chimiquement les métaux lourds du corps

Les métaux lourds sont évidemment un problème majeur aujourd’hui en santé publique. Il faut garder en mémoire que nous sommes tous contaminés. Le Rapport ESTEBAN en a apporté la preuve. Pour rappel, nous trouvons des métaux chez 98% des individus, enfants compris. Donc nous devons tous agir pour nous prévenir d’une future contamination, et donc d’une bioaccumulation se traduisant en bout de course par une pathologie ou des symptômes persistants. Mais comment éliminer les métaux lourds du corps ?

 

Dans quel cas éliminer les métaux lourds du corps ?

Tout d’abord, il est important de se faire diagnostiqué et faire une analyse pour doser les métaux lourds dans le coprs. Il existe trois types d’analyses : sang, cheveux, urine. Si vous souhaitez en savoir plus sur les analyses à faire pour doser vos métaux lourds, allez lire notre article : intoxication métaux lourds, quel test faire ?

Yvery vous propose un test capillaire, qui retrace les trois derniers mois de votre vie. Il permet d’identifier un grand nombre de métaux lourds dans le coprs.

 

Image microscope d'analyse METODIAG analyse métaux lourds dans le corps

Faire un test d’analyse des métaux lourds METODIAG

 

Il y a trois cas de figures quant un taux d’intoxication aux métaux lourds :

  • Aigue
  • Au-dessus du seuil de tolérance
  • Dans la norme tolérable

Dans tous les cas il faudra agir. La raison est simple, même dans des valeurs de tolérance, lorsqu’un métal lourd n’a aucune raison d’être dans notre organisme, pourquoi tolérer sa présence ?

Il faudra donc procéder à une chélation curative et/ou préventive, c’est-à-dire déloger les métaux lourds stockés et les éliminer.

Dans le cas où un patient présente une intoxication aigue, il faut agir vite et le médecin l’orientera vers un centre hospitalier où une chélation chimique devra être entreprise. Elle sera efficace, certes mais avec quelques effets secondaires dont nous aurons l’occasion de reparler. Dans le cas où l’intoxication est modérée ou dans le cadre d’une prévention, il sera alors intéressant de procéder à une élimination par des chélateur naturels.

 

La chélation chimique pour éliminer les métaux lourds du corps 

 

 femme qui a mal à la tête à cause d'une intoxication aux métaux lourdsLa chélation chimique des métaux lourds est une approche médicale qui utilise des molécules chimiques ou organique capables d’emprisonner les métaux lourds et leur permettre d’être éliminés par les voies naturelles. Le terme chélation a pour origine le mot grec « Khêlê » qui a pour signification « griffes » ou « pinces ». La molécule chimique ou organique utilisée à cette fin est comparable à une cage qui va enfermer le métal lourd et le transporter jusqu’à la porte de sortie de l’organisme. L’élimination se fera donc par les voies rénale ou biliaire. La chélation n’est pas forcément toujours indiquée dans tous les cas d’intoxication, en particulier au plomb. Les chélations chimiques sont utilisées en général pour les intoxications aigues au plomb ou au mercure. Cela ne veut pas dire qu’elles ne soient pas utiles dans les autres cas d’intoxication aux métaux lourds, mais moins pratiquées.

Il existe quatre solutions chimiques principales dans l’arsenal thérapeutique.

 

Le Dimercaprol (2,3 Dimercaptopropanol, B.A.L.® ou British anti-Lewisite).

Cet agent chélateur a été développé dans le cadre de risque de guerre chimique et en particulier contre l’usage de l’arsenic. Mais il est important de signaler que cet agent est de moins en moins utilisé. En effet, la forme galénique intramusculaire fait, qu’en raison de la présence de solution huileuse, les injections sont assez mal supportées par les patients en raison de fortes douleurs. De plus la solution huileuse contient de l’arachide, ce qui est contre-indiqué pour les personnes allergiques à cette substance. Ce qui réduit son utilisation. Enfin un autre problème lié à son utilisation, est que la durée d’efficacité est réduite dans le temps, obligeant ainsi de répéter les injections toutes les 4 heures.

Dans le cadre d’une intoxication massive au plomb causant des encéphalopathies, il est possible d’utiliser cet agent chélatant. La raison est qu’il a été montré que le Dimercaprol pénètre facilement les cellules cérébrales et de ce fait élimine ram-pidement le plomb de ce tissu. L’avantage sera donc diminuer ou arrêter l’encéphalopathie (Piomelli, 2002).

 

Succimer (meso-2,3-dimercaptosuccinic acid, DMSA, Succicaptal®).

Cet agent chélatant a été généré au cours des années 1960 par modification du Mercaprol. Ceci a permis d’avoir moins d’effets secondaires. Ce composé sera utilisé de façon prioritaire dans le cadre d’intoxication au mercure, ou plomb ou à l’arsenic. Il est utilisable chez l’enfant. Par rapport à son homologue Mercaprol, il a l’avantage d’être administré par voie orale ce qui est beaucoup plus confortable. Mais son efficacité reste modérée.

L’avantage de ce composé est d’induire des effets secondaires relativement bénins comme l’apparition d’une haleine « soufrée » ainsi que des urines. Un peu plus gênants sont l’apparition de nausées, vomissements ou diarrhée. D’autres effets ont été décrits comme les vertiges ou paresthésies (La paresthésie désigne la sensation de fourmillements et d’engourdissements). Enfin, il a été signalé des problèmes de thrombocytose (La thrombocytose est une anomalie sanguine caractérisée par une augmentation du nombre de plaquettes) et d’éosinophilie (augmentation du nombre de cellules sanguines de type éosinophiles caractéristique de l’allergie).

 

2,3-Dimercaptopropane sulfonate sodium (DMPS)

Cet agent chélateur est lui aussi un dérivé du Mercaprol. Il est connu pour être préférentiellement utilisé dans les pays germaniques, en particulier l’Allemagne. Concernant son administration, il réunit les deux composés précédents puisqu’il existe aussi bien en forme orale qu’injectable.

Il partage quelques effets secondaires avec le DMSA tels que les vertiges, augmentation des transaminases, nausées et vomissements. D’autres effets sont l’apparition de frissons et d’hyperthermie. Quelques rares cas d’érythèmes ont été signalés.

 

CaNa2 EDTA (Calcium Edetate de Sodium®)

Cet agent peut être utilisé seul ou en association avec le Dimercaprol. Il est réservé aux intoxications sévères. Son utilisation est strictement réservée aux injections qui peuvent être soit en intraveineuse soit en intramusculaire. L’utilisation de cet agent peut parfois faire apparaître quelques rares effets secondaires tels que des larmoiements, des congestions nasales, des douleurs musculaires, de très rares atteintes rénales ou encore des phénomènes d’hypotension.

Il faut savoir que le CaNa2 EDTA chélate aussi certains oligoéléments comme le zinc. Il est impératif d’effectuer des contrôles sanguins permettant de connaître les taux d’oligo éléments. Il est dans certains cas d’avoir recours à une supplémentation.

Dans le cas d’encéphalopathies générées suite à une intoxication au métaux lourds et en particulier avec le plomb, le Dimercaprol semble plus efficace que le CaNa2 EDTA grâce à son excellente biodisponibilité cérébrale. (Piomelli, 2002).

 

Autres agents de chélations éventuel

  • L’alpha acide lipoïque (ALA) est un supplément nutritionnel qui est extrait à partir de crucifères comme le chou. C’est un composé soufré qui est reconnu efficace dans la chélation de métaux comme le mercure ou l’arsenic.
  • La pénicillamine D est un composé connu dans son application antirhumatismale et pour chélater et enlever le cuivre sérique. C’est pour cette dernière raison qu’il est utilisé dans le traitement de la maldie de Wilson.
  • La déféroxamine et le deferasirox sont des chélateurs qui sont connus pour la chélation du fer en particulier. C’est la raison pour laquelle ces composés sont prescrits dans le cadre de thalassémie.

En conclusion, le nombre d’agents chélatants utilisés en milieu hospitalier dans le cadre d’intoxication aux métaux lourds sont réservés aux intoxications sévères et aigues. D’une façon générale, ils ne sont pas sans effets secondaires. Une grande problématique reste la chélation des oligoéléments. En effet, dans la catégorie des métaux lourds on retrouve les métaux lourds toxiques mais également des métaux lourds de type oligoéléments (Zinc, Cuivre …). Le choix du chélateur chimique dépend surtout des habitudes du pays, du patient et du type d’intoxication.

 

Références :

 Childhood lead poisoning.

Piomelli S.Pediatr Clin North Am. 2002 Dec;49(6):1285-304, vii. doi: 10.1016/s0031-3955(02)00097-4.PMID: 12580366 Review.

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